Emploi, décroissance des pollutions, projet politique

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L' Economie de la Ressource?

Pour suivre le raisonnement, il faut partir des contraintes mondiales à régler:
-on a les problèmes de pollutions liés aux énergies consommées
-on a les problèmes de ressources naturelles se raréfiant
-on a le problème du chômage
-on a des tensions mondiales pour le contrôle des ressources naturelles (iles Sensaku, Libye, Pôle Nord… ) ou des marchés (TAFTA vs marché eurasiatique => Ukraine) pour faire de la croissance.

Dans cet article,
http://alaingrandjean.fr/2014/08/25/crises-politique-sociale-et-economique-il-est-necessaire-de-refonder-la-macroeconomie1/

vous pouvez lire:

« Jusqu’ à ce jour, l’inconvénient majeur de la croissance du PIB c’est qu’elle engendre nécessairement une pollution lourde de conséquences (entre autres émissions de gaz à effet de serre), consommation d’énergie et de ressources naturelles pour lesquelles tous les pays du monde se battent (la planète restant obstinément finie) ; le découplage entre PIB et consommation de ressources reste un espoir mais n’est pas du tout réalisé. »

Donc à partir de cela, on comprend que si le PIB mondial représente une grande partie des richesses produites par l’homme, il n’est pas souhaitable qu’il augmente plus.
De toute façon, son sort est scellé par la limite en ressources:
http://www.manicore.com/documentation/petrole/petrole_economie.html

Répartition:
Que ce soit en période de croissance ou de décroissance du PIB, les inégalités dépendent surtout de la politique, il me semble: une politique de redistribution très égalitariste ou bien de néolibéralisme forcené seront certainement plus influents sur les inégalités que croissance ou décroissance du PIB.
C’est comme à table: si il y a moins de gâteau, pourquoi ne serait-il pas possible de toujours faire des parts proportionnées?
D’ailleurs, en ce moment, croissance mondiale rime avec inégalité croissantes.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140120trib000810501/les-85-plus-riches-du-monde-possedent-autant-que-les-35-milliards-les-plus-pauvres.html

Sitôt faits ces constats, comment espérer la croissance « bienfaitrice » pour résoudre les problèmes fondamentaux comme la famine mondiale alors qu’on a déjà largement les moyens de les résoudre?

« de nombreux pays riches n’ont pas du tout envie de s’engager à augmenter leur contribution. Mais peut-être pourraient-ils tous s’accorder à donner 0,25% de leur PIB de plus aux habitants les plus démunis de la planète? Pour une mesure susceptible de mettre un terme à la pauvreté absolue dans le monde, ce n’est pas si cher payer. »
http://www.slate.fr/story/41769/eradiquer-misere-100-milliards-de-dollars

Décroissance et emploi

1- Le logiciel mondial est bien rodé: plus on a de l’activité, plus on fait de « richesses ». C’est ce que traduit le PIB, somme des VA des sociétés.
« richesses » entre guillemets car dans aucune compta mondiale nous comptons:
-les stocks et flux de ressources naturelles
-les stocks et flux de pollution
Donc sans ces rectifications empiriques, nous ne savons si nous produisons de la richesse globale plutôt qu’en détruire.

2- Vient ensuite le problème de l’emploi:
Pour faire de l’emploi, le 1er réflexe est d’augmenter l’activité (PIB).
Activité aujourd’hui à des niveaux mondiaux écologiquement non soutenables: Malgré des efforts d’éco-conception, il faudrait donc produire moins et faire plus d’emplois.

Comment? Observons.
-Visitez le secteur primaire français: Depuis 1988, 400 000 emplois détruits.
Quel impact environnemental? => Quel diagnostique?

On n’a un modèle agricole qui peut se vanter d’avoir détruit tous ses emplois (et on en est fier!). Ce modèle est le fruit de la pression internationale et de la fiscalité pro-machiniste, donc totalement inadaptées à une économie vertueuse selon les critères pré-cités.
Il ne s’agit pas de remettre la charrue après les bœufs mais de ré-humaniser tout un tas de tâches aujourd’hui automatisées.

-visitez le secteur secondaire: usines
Où sont les emplois? Combien d’employés pour faire une voiture aujourd’hui? Chez beaucoup de mes clients, un nouveau robot remplace les opératrices pour emballer des produits. C’est pourtant un lourd investissement.
Pourquoi? Quel impact environnemental?

-le secteur tertiaire des services est moins révélateur des problèmes actuels. On voit tout de même des caissières de cinéma électroniques, et des hôtesses d’accueil humanoïdes arrivent. A la sncf, la voix du robot nous indique que des guichets électroniques sont à notre disposition. Dans les plateformes logistiques couvrant nos Zi françaises, l’automatisation fait le maximum avec le minimum d’emplois.
Et la pizza, à quand un drone pour la livrer et mettre fin à ces jobs de livreurs?
Quel diagnostique ?
Ces constats ont été fait par le ministre allemand des fiances,
http://economiedelaressource.over-blog.com/2014/05/le-chomage-cause-par-la-technologie-selon-le-ministre-allemand-de-l-economie.html

…par le Financial Times et bien d’autres:
http://www.ft.com/intl/cms/s/0/dfe218d6-9038-11e3-a776-00144feab7de.html#axzz34SwLxZy5

Or, je rappelle que les automatismes:
-consomment souvent une énergie importante
-requièrent beaucoup de ressources pour leur construction
-polluent considérablement (un ordinateur seul émet 1Tonne de CO2 pour être fabriqué)
-concurrencent les opérateurs, plus faiblement les techniciens et les cols blancs.
Effarant angélisme face à la robotisation globale en cours du monde du travail occidental. C’est une évolution contraire aux grands enjeux du 21e siècle: l’emploi, énergie, frugalité en ressources naturelles

Quel monde veut-on?
Écologie de plein emploi ou bien automatisé et en prédation environnementale jusqu’à la rupture?

Pour le 1er choix, on s’aperçoit:
-qu’un projet politique d’ « économie de la ressource » peut être un grand projet mobilisateur: ce serait une 1ère mondiale. Les opposants s’opposeraient à une science, non qu’à un dogme.
J’attends un politique qui affirme fort à la télé « emploi et décroissance, je sais faire ! »

-que bien du monde est prêt à des concessions pour le chômage et attend plus de sens dans cette économie folle de « consommateurs pollueurs pour le bien de l’emploi »

-Qu’une fiscalité environnementale, transférant les charges sociales sur la ressource naturelle, favorise plus l’opérateur au détriment des automatismes : une TVA sociale verte au principe « pollueur-cotiseur social »

-qu’une fiscalité environnementale relocalise logiquement des emplois en France voire UE: création d’emploi contre hausse des prix.

-qu’on travaillera plus pour certainement moins. Le gros challenge de la solidarité sera le plus gros défi à relever.

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