Al Gore dénonce la productivité, ennemi de l'emploi et de la planète

Publié le

Les automatismes et la mécanisation sont justement salués comme des instruments de progrès du XXe siècle, nous libérant des tâches les plus dures. L'énergie abondante a remplacé les bras des lavandières, diminué la sueur des paysans, rendu la vie plus confortable.

Mécanisation, automates, Al Gore les dénonce, dans leurs paroxysmes du XXIe siècle, comme des éléments destructeurs d'emplois et de ressources naturelles:

extraits du livre d'Al Gore "The Future" relevés par le Collectif Roosevelt 2012.

http://collectif-roosevelt.fr/wp-content/uploads/2013/06/CitationsALGORE.pdf

"

Dans son dernier livre, Al Gore consacre son premier chapitre à une mutation fondamentale : la mécanisation de notre économie change la nature du travail, et détruit ainsi l’emploi de façon massive.

1. Les gains de productivité détruisent de l’emploi

« Aux Etats-Unis, les dix dernières années représentent la première décennie depuis la Grande Dépression où la création nette d’emploi a été nulle. Au cours de ces dix mêmes années, les gains de productivité n’ont jamais été aussi élevés depuis les années 1960. (…) Les investissements privés pour des machines et des logiciels ont augmenté de 30%, alors que les dépenses pour les emplois n’ont augmenté que de 2%. Fait significatif : les commandes pour de nouveaux robots industriels en Amérique du Nord ont augmenté de 41%. » p. 11

« La croissance de la productivité est perçue comme le Saint Graal du progrès. Mais [les décideurs] ne perçoivent pas l’impact de ce processus sur l’emploi là où se trouvent les entreprises qui bénéficient de ces gains de productivité, alors que cette tendance s’accélère au point que le rôle fondamental du travail est remis en question. » p. 6

2. Un changement de société majeur

« Les conséquences de cette nouvelle période de changement hyper-rapide ne sont pas que mathématiques ou théoriques. Elles impliquent une mutation du lien fondamental entre notre activité productive et comment nous pourvoyons à nos besoins. » p. 38

« Ce que font les gens, leur travail, leur carrière, leurs opportunités d’échanger leur activité productive contre un revenu pour remplir les besoins humains les plus essentiels, et pourvoir un sentiment de bien-être, de sécurité, d’honneur, de dignité, et un sentiment d’appartenance à la communauté, cet échange basique au coeur de nos vies est en train de muter à l’échelle mondiale, à une vitesse sans précédent.» p. 39 2

3. Une incompréhension générale :

« Le recours à des politiques de relance keynésiennes – des emprunts du gouvernement pour financer des augmentations temporaires de la demande globale – peut devenir de moins en moins efficace avec le temps, alors que le transfert systémique vers une économie avec moins d’emplois par rapport à la production représenterait une des causes grandissantes de la baisse des revenus, et donc d’une baisse de la consommation et la demande. » p. 26

« Les emplois qui se maintiennent offrent parfois de meilleurs salaires en raison des nouvelles compétences nécessaires pour travailler avec de nouvelles technologies. Et ce schéma renforce notre tendance à méprendre l’impact de l’accélération de la mécanisation, pour l’intégrer au schéma familier selon lequel les vieux emplois sont éliminés et remplacés par de nouveaux, meilleurs emplois. » p. 7

« La plupart des gens et des leaders politiques dans les pays industrialisés continuent d’attribuer la disparition d’emplois de revenus moyens aux délocalisations sans voir la cause sous-jacente (…). Ce mauvais diagnostic mène à des débats clivants, sur des propositions telles que baisser les salaires, relever les barrières commerciales, revoir en profondeur le contrat social passé entre vieux et jeunes, entre pauvres et riches, ou réduire les impôts des plus riches pour les encourager à construire de nouvelles usines en Occident. » p. 12

"

Commenter cet article